Commune libre de Oaxaca

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Une traduction possible de ce dessin satirique à l'encre, émanant de la sédition : selon moi, le lot commun me parait complètement injuste.

Mexique, le 14 juin 2006.

Une grève des enseignant-e-s dans la ville d'Oaxaca de Juarez, la capitale de l'État, plutôt banale au départ, donne lieu à une répression hors de proportions de la part d'Ulises Ruiz Ortiz (URO), gouverneur élu par la fraude et honni de la population. Celle-ci va prendre fait et cause pour les professeur-e-s. Une partie importante de la société oaxaqueña [de Oaxaca], s’est solidarisée en un mouvement aux revendications plus vastes. Trois jours plus tard, le 17 juin, était fondée l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca (APPO).

Depuis le début de la crise, Ulises Ruiz Ortiz manifeste un grand talent pour répondre par la violence à l’insatisfaction sociale, comme l’avait fait Enrique Peña Nieto, gouverneur et membre du même parti politique de l’État de Mexico, à Atenco, quelques semaines auparavant, avec la collaboration de l’exécutif fédéral. Le gouverneur de l’Oaxaca transmet ainsi clairement le message émis par son chef, Roberto Madrazo : le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) est le parti de l’ordre.

Actuellement, le terme simple de grève ne suffit plus et les sites internet alternatifs rapportent les faits en parlant de Rebelión Popular en Oaxaca ou de « Commune libre » (lire Citations), terme évoquant inévitablement les luttes sociales du XIXe siècle en Europe.

Sommaire

[modifier] Contexte

[modifier] L’Etat d’Oaxaca : une portion du territoire mexicain hautement stratégique

L’Etat d’Oaxaca constitue la zone la plus riche en biodiversité du Mexique : des forêts, des côtes, des lagunes, des montagnes, des plantes rares, divers types de maïs. Le sous-sol recèle du pétrole, de l’uranium, du charbon, du fer, de l’or, de l’argent, du plomb, du mercure. De 1540 jusqu’au début du XXe siècle, les mines d’Oaxaca ont fourni la moitié de la production nationale d’or et d’argent. Cependant, pendant cette période, l’extraction de ces métaux n’a pas dépassé les 10 % du potentiel estimé. Oaxaca, c’est enfin de l’eau en abondance pour l’hydroélectricité et l’un des sites les plus ventés au monde pour l’énergie éolienne, au sud de l’isthme de Tehuantepec. L’exploitation de ces ressources est programmée depuis 2001, dans le cadre du plan Puebla-Panamá. Ce plan de « développement » d’inspiration néolibérale, et très contesté par les mouvements sociaux, est censé créer des infrastructures (routes, ports, barrages, etc.) pour l’implantation d’activités économiques. Il vient d’être relancé par le président Calderón, lors d’une visite effectuée courant octobre en Amérique centrale.

[modifier] Oaxaca : un état du Mexique connaissant de nombreux problèmes sociaux

Localisation de l'État d'Oaxaca dans le Mexique
Les huit délimitations socio-culturelles de l'état d'Oaxaca.
Malgré ses ressources naturelles abondantes, Oaxaca est l'Etat qui a le niveau de pauvreté parmi les plus élevés du Mexique, avec une forte présence indigène. Les 16 peuples indigènes (1,6 millions de personnes) qui constituent plus de la moitié de la population de l’Etat – 3,4 millions d’habitants – connaissent depuis toujours la discrimination. Près de 460 des 570 municipalités de l’Etat ne disposent pas de services de base (eau, assainissement, électricité, routes), et l’activité principale en termes d’emplois reste l’agriculture et l’exploitation des richesses naturelles.

La société oaxaqueña est fortement organisée en groupements ethno-politiques, communautaires, agraires, de producteurs, civils, syndicaux, de défense de l’environnement et des immigrants. Elle a construit de solides réseaux transnationaux permanents.

Centre touristique du Sud du Mexique, la ville capitale d'Oaxaca de Juarez est entourée de quartiers miséreux soutenus par les remesas, l’argent envoyé par les travailleurs et travailleuses migrant-e-s. Sur son territoire sont à l’ordre du jour des luttes pour la terre, des affrontements avec les caciques et les passeurs, des disputes pour les conseils communaux, des revendications ethniques, des actions pour de meilleurs prix pour les produits agricoles et la résistance à l’autoritarisme de l’Etat. La violence politique contre les dissident-e-s est également présente.

Sur ce terreau, le mouvement de protestation des enseignant-e-s va cristalliser les nombreuses contradictions sociales de l’Etat.

[modifier] Un état en révolte

La personnalité politique locale, le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz, est désavouée par ses administré-e-s notamment pour des allégations de malversations financières entrant en jeu dans la campagne de Roberto Madrazo Pintado, candidat du PRI aux élections présidentielles mexicaines.

La révolte en Oaxaca a commencé en juin 2006. Comme pour celle du Chiapas, cette situation de confrontation généralisée prend naissance dans un contexte régional bien antérieur à son éclatement, dont on ne trouve aucun relais dans les grands médias [1]. Le soulèvement provient d'une situation d'inégalités sociales qui s'est creusée durant les années précédentes. La révolte a pris un tournant libertaire s'essayant à une autodétermination locale difficile à réaliser compte tenu du précédent du Chiapas et des échéances politiques nationales (nouveau président en exercice au Mexique au 1er décembre 2006).

L’importance géostratégique de l’Etat d’Oaxaca complique singulièrement la résolution du conflit.

[modifier] Chronologie de la commune libre de Oaxaca

[modifier] Mai : la grève des enseignant-e-s

Depuis des années, à l’approche du Jour des instituteurs (le 15 mai), les enseignant-e-s installent un plantón, un piquet de grève-rassemblement, dans le centre-ville d’Oaxaca, pour émettre leurs revendications. Les habitant-e-s leur refusent rarement leur sympathie. Catalyseur-e-s de la conscience sociale, pleinement dévoués à leur travail et fins connaisseur-e-s des réalités locales, ils et elles jouissent d’un grand respect dans cet État du Mexique.

Pour 2006, le plantón (grève des professeur-e-s) a commencé le 22 mai, sans provoquer de réponse particulière de la population. La grève ne concerne que le seul Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación (SNTE) [2], par sa section locale (section 22). Il-le-s sont 70 000 à suivre le mouvement du 22 mai, et font un tent city au beau milieu du centre-ville (chiffres non officiels). Emmené-e-s par Enrique Rueda Pacheco, les enseignant-e-s réclament une augmentation et exigent le réajustement de leur maigre salaire pour toucher ce qui est en vigueur dans le reste du pays. Cette revendication débordait dès lors le cadre de l’Oaxaca pour impliquer aussi les autorités fédérales.

Toutefois, il n’y avait dans cette lutte aucune nouveauté par rapport à des luttes similaires des années antérieures. En effet, la grève des enseignant-e-s de Oaxaca est un mouvement légitime qui cherche la satisfaction d’une série de revendications et d’une demande centrale : la « rezonificacion » pour vie chère. Le coût de la vie à Oaxaca a augmenté dramatiquement, en partie de par la présence du tourisme. Par la voie de la « rezonification », les instituteur-e-s de l’état demandent une augmentation de salaire compensant la hausse du prix du panier de la ménagère. Cette revendication est portée depuis 1979 par la Coordination des travailleurs de l’éducation (CNTE, Coordinadora Nacional de Trabajadores de la Educación) dans plusieurs Etats.

Au lieu de se mettre autour d’une table pour négocier, le gouverneur [Ulises Ruiz Ortiz] a d’abord menacé les enseignant-e-s. Toute négociation devint rapidement impossible : après avoir menaçé ouvertement les enseignant-e-s, Ulises Ruiz Ortiz a ensuite essayé de monter l’une des fractions du mouvement contre l’autre. En parallèle, le gouvernement fédéral s’est désintéressé du conflit et a affirmé qu’il s’agissait d’un conflit local dans lequel il n’avait pas à intervenir.

[modifier] Juin : repression de la grève et réaction populaire

La gestion du gouverneur, Ulises Ruiz est pointée du doigt depuis le début du conflit.

Le plantón (grève des professeurs) commencé le 22 mai, n'a pas rencontré de réponse particulière de la population. Le 2 juin, les grévistes ne sont plus que 30 000. Encouragé par ce peu d’écho, le 14 juin, URO ordonne l’expulsion des grévistes, comptant sur un effet surprise. À 04h50 du matin, appuyés par des hélicoptères lançant des grenades au gaz toxique, des agents de différents corps de police attaquèrent les manifestant-e-s, tirant sur les gens désarmés. Non contents de la panique causée parmi la population, les policiers ont cassé tout ce qui leur tombait sous la main, y compris le siège de Radio Plantón, la station de radio des enseignant-e-s. Le gouverneur a opté pour ce "passage à l'action" afin de nettoyer le centre-ville historique qui est un passage touristique permettant l'afflux de devises aux commerces. En effet, à ce moment, les murs sont déjà pleins de graffiti exprimant le ressentiment des grévistes.

L’attaque se solde par 200 blessé-e-s, sans compter un nombre indéterminé de disparu-e-s. Le 14 juin correspond donc à une répression policière de taille dans la capitale, impliquant 750 policiers.

Suite à ces violence, la population qui était restée passive jusque-là, change totalement d’attitude et se précipite dans la rue pour se solidariser avec les enseignant-e-s. Une très grande partie de la société oaxaqueña a ainsi rejoint les enseignant-e-s. Offensé-e-s tant par la fraude électorale par laquelle Ulises Ruiz est devenu gouverneur [en 2004] que par la violence gouvernementale contre bon nombre d’organisations communautaires et régionales, des centaines de milliers de Oaxaqueños descendent dans les rues et occupent plus de 30 mairies.

Portrait de Heliodoro Díaz Escárraga
(membre de parti du PRI).
Les enseignant-e-s, regroupés pour affronter les forces de l’ordre avec des pierres et des bâtons, sont maintenant aidé-e-s par des universitaires, par des organisations sociales et par les habitant-e-s. En quelques heures, la foule enflammée réinstalle le plantón. Immédiatement après, les instituteur-e-s désavouent le gouverneur et exigent sa démission, condition préalable et non négociable à une résolution de ce conflit.

Le 16 juin, une gigantesque marche rassemblant près de 300 000 personnes démontra le poids social du mouvement. La population - étudiant-e-s, mères et pères de famille, travailleur-e-s, fonctionnaires, et même commerçant-e-s - accueillait le cortège avec des applaudissements et quand quelqu’un a levé une banderole qui disait « À bas Ulises ! », tout le monde a applaudi.

Le mouvement allait prendre un tour décisif avec la formation le 18 juin de l'Asamblea Popular de los Pueblos de Oaxaca (ou APPO). L’APPO naissait intialement grâce à l’initiative des instituteur-e-s, avec l’idée de canaliser le soutien social vers leur mouvement de revendication. Elle allait bien vite dépasser ce simple cadre. Le 20 juin, ses membres s’accordèrent sur la création d’une direction collégiale provisoirement formée de trente personnes, dans le but de faire front commun « pour entamer une lutte prolongée jusqu’à obtenir la dissolution des pouvoirs, la destitution d’Ulises Ruiz Ortiz et l’instauration d’un pouvoir populaire » (La Jornada, le 19 juin 2006.). Rapidement, des commissions internes telles qu’une commission de presse, une commission des barricades et une commission de propagande sont créées. « Nous avons commencé à constituer un réseau d’organisations et pour toute action envisagée la base devait être consultée, la base des instituteurs et celles de l’APPO elle-même.» À ce stade, les revendications salariales et corporatives sont désormais reléguées au second plan face à l’exigence du départ d’Ulises Ruiz, revendication qui posait à son tour une exigence de démocratisation. L'APPO rassemble, outre les instituteur-e-s, quelque 350 organisations de toute sorte : syndicats, collectifs libertaires, vieux groupements de la gauche marxiste-léniniste, organisations citoyennes, indigènes, travailleur-e-s, artistes, étudiant-e-s et individu-e-s sans affiliation à un parti.

[modifier] De juin à octobre 2006 : amplification et auto-organisation du mouvement populaire

De juin à octobre 2006, des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue au cours d’une douzaine de « mégamarches » organisées par l'APPO qui prennent des proportions absolument inouïes.

Manifestation dans le centre de la ville d'Oaxaca, le 22 juin 2006.
À mesure que l’indignation augmentait, le mouvement gagnait en force, en créativité et en richesse. Les manifestations conservent le mot d'ordre de pacifisme.

Dès le début, l’APPO s’inspire des pratiques démocratiques des Zapotèques, des Mixtèques, des Mixes, des Amuzgos et autres peuples aborigènes. D’où le changement opéré dans son nom, qui passe d’« Assemblée populaire du peuple » (au singulier) à celui d’« Assemblée populaire des peuples » (au pluriel). En effet, l’idée d’« assemblée » se référe essentiellement aux pratiques autogestionnaires qui existent dans 80% des 570 communes de l’Oaxaca. Il fallait également intégrer le fait que ces assemblées possèdent des expressions nombreuses et variées. En effet, la ville capitale d'Oaxaca, est une métropole indigène, dont plusieurs des colonias, les banlieues pauvres, sont essentiellement habitées par des migrant-e-s qui vont et viennent entre leurs villages d’origine et la ville. Un grand nombre de ces personnes rejoignent le mouvement de protestation ; certaines étaient instituteur-e-s, mais la plupart étaient des artisans et des vendeurs ou vendeuses ambulant-e-s. Apprenant ce qui se passait, les communautés indigènes ont apporté leur immense expérience au mouvement et la liste de leurs innombrables griefs : misère, oppression, marginalisation, caciquisme, spoliation, oubli...

Dans le même temps, des jeunes de la ville dont l’identité collective se construit dans les quartiers, dans leur musique, dans l’habillement et dans l’art ont accouru. « [...] des groupes exclus et marginalisés, et pas seulement par le gouvernement, tels que les homosexuel-le-s, les prostitué-e-s, qui sont venus participer, quoique de manière réduite », parvenant ainsi à ce que « leurs propres griefs s’ajoutent au cri collectif de justice et de liberté pour tous et toutes ».

Ensemble, la population a forgé une lutte plurielle au sein de laquelle plusieurs secteurs de la société ont appris à coexister, sans renoncer pour autant à leurs différences et à leurs particularités. Ensemble, elle a éclipsé dans les faits les pouvoirs institués. Ensemble, elle s'est emparé des administrations, elle a créé des organes de gouvernement autonome et fait administrer la justice par « l’Honorable Corps des Topiles », milice populaire qui s’inspire de la tradition indigène.


A partir de juillet le pays entre en période électorale (élection présidentielle). Les manifestations vont également coïncider avec les élections fédérales du 2 juillet 2006. Après avoir eu l’intention de les boycotter, une partie des rebelles se sont mis d’accord pour promouvoir un vote de sanction contre le « tricolor » du PRI et le Parti d’Action Nationale (PAN, parti de la droite libérale). Le 2 juillet, ces deux partis essuient une sévère défaite dans l’état de Oaxaca. Le PRI fut balayé et relégué en troisième position, du jamais vu dans cet État. La Coalition « Pour le bien de tous » (Por el Bien de Todos) [de centre gauche dirigée au niveau fédéral par Andrés Manuel López Obrador] a remporté le scrutin (en remportant neuf des onze sièges de députés et les deux sièges de sénateurs de représentation à la majorité en jeu). La première revendication des insurgé-e-s devient la démission du gouverneur fédéral du PRI, dont l'absence de réaction est palpable depuis juin au regard des évènements qui l'adressent directement.

La suite des événements forme une histoire très controversée qui reste à raconter dans le détail.

Courant juillet, les révolté-e-s de Oaxaca passent le mot pour empêcher le bon déroulement de la fête traditionnelle de la Guelaguetza [3], et organisent une commémoration alternative. Le 17 juillet, l'APPO mène d'autres actions symboliques (blocage de lieux touristiques, des hôtels). En août, les violences contre la population et l'APPO continuent avec notamment le meurtre de trois indiens le 9 août, l'arrestations de deux leaders de l'APPO et l'enlèvement d'instituteurs. Le 17 août une grève civique des syndicats est lancée. Le 21 août des paramilitaires expulsent les occupants de la télévision officielle. Dans les heures qui suivent l'APPO investit douze radios commerciales. Cette occupations amène, le 22 août, à la mise en marche d'un "convoi de la mort" qui tire sur les radios occupées. Des barricades sont dressées pour bloquer le convoi.

Début septembre, des mégamarches sont à nouveau lancées. L'APPO publie un manifeste qui proscrit URO et le placarde dans tout l'Etat. L'administration d'URO échoue dans une tentative de déménagement dans la commune voisine de Juchitàn.

Le 3 octobre, le gouvernement organise une table ronde. Les sujets brûlants n'y sont pas évoqués et l'APPO n'y est pas conviée. N'y participent que les proches d'URO. Le 9 octobre une mégamarche de 500 kilomètre arrive à Mexico. Les marcheurs et marcheuses se dirigent vers le Sénat et sont rejoints par des citadin-e-s solidaires. Le 19 octobre le Sénat déclare que la paix règne à Oaxaca et qu'il n'y a pas lieu de destituer le gouverneur.

[modifier] Octobre-novembre 2006 : la répression massive de la police fédérale

L'emploi des moyens militaires de l'état fédéral apparaît à Huatulco (zone de la costa) à compter du 30 septembre. En octobre, un durcissement policier est observable de la part des autorités d'Oaxaca.

  • Le 27 octobre 2006, le journaliste d'Indymedia New York, William Bradley Roland et au moins un des professeurs parmi les manifestants ont été tués par des hommes armés. Le journaliste enquêtait sur la milice paramilitaire qui réprime la révolte menée par l'APPO. Les autres décès sont ceux d'Esteban Zurrita et Emilio Alonso Fabian.[4]. En conséquence du décès de William Bradley Roland, une lettre ouverte de personnalités extérieures a été adressée au président du Mexique (confere Médiatisation).
  • Le 28 octobre le gouvernement mexicain lance un ultimatum à l'APPO pour enlever les barricades et libérer les bâtiments occupés. L'ultimatum est rejeté. Au nom de l'«état de droit», la présidence mexicaine mobilise 4000 personnes de l'armée et de la police fédérale. Les hommes de la Policía Federal Preventiva (PFP Police Fédérale Préventive)[5] s'avancent vers le centre d'Oaxaca et détruisent les barricades, repoussent les occupant-e-s avec des camions à eau, des gazs lacrimogènes et des tirs d'armes à feu. Commence alors l'occupation policière d'Oaxaca (Ocupación policiaco-militar de Oaxaca, 27 octobre 2006 ), justifiée officiellement par la restauration de l'ordre public. L'affaire glisse du terrain régional au plan fédéral.
Rues d'Oaxaca (photo prise en octobre).

  • Le 30 octobre, l'ONU demande aux autorités mexicaines d'ouvrir une enquête sur les événements. Le gouverneur Ulises RUIZ (URO) affirme qu'il ne démissionnera pas.
  • Le 2 novembre, la Policía Federal Preventiva donne l'assaut à l'université malgré le refus très clair du Recteur qui rappelle que la loi mexicaine interdit l'intervention des forces de l'ordre dans les universités autonomes. Dans le même temps la PFP veut faire taire Radio Universitad : elle décide de la prendre d'assaut à l'aide d'hélicoptères, blindés, fusils d'assaut). 50.000 personnes résistent à l'assaut du campus. Après 7 heures d'affrontements très violents, la Policía Federal Preventiva se retire sans avoir atteint le coeur du campus. Les résistant-e-s déplorent une vingtaine de mort-e-s et 120 prisonniers.
  • En réponse à Ulises RUIZ (URO) qui affirme que le conflit à Oaxaca se limite à une seule rue de la capitale, des dizaines de milliers d'habitant-e-s de l'Etat d'Oaxaca et d'autres Etats forment une nouvelle marche gigantesque qui se dirige le 6 novembre vers la capitale pour exiger la destitution de URO et le retrait des forces de police au cri de "Oaxaca n'est pas une caserne : dehors l'armée !". L'APPO lance un nouvel appel au dialogue et organise une table de dialogue à laquelle ni le gouvernement ni les patron-ne-s d'Oaxaca ne souhaitent participer.
  • Les 10, 11 et 12 novembre un congrès constituant est organisé par l'APPO. Environ 250 organisation de l'état d'Oaxaca participent. Le congrés permet les prises de décision collective.
  • Le 19 novembre, une manifestation pacifique de femmes vise à dénoncer les viols commis par les forces de police. Elle est réprimée à l'aide de matraque et gaz lacrimogènes.
  • Le 25 novembre, une marche massive de 8 kilomètres (la septième) réclame le départ de URO, la libération des prisonnier-e-s politiques et le départ de la Policía Federal Preventiva. Elle entoure pacifiquement le lieu de regroupement de la PFP. La PSP passe à l'offensive et tue 5 personnes, en blesse 140 et en arrête 100.
  • Le nouveau chef de la police fédérale, Ardelio Vargas, annonce le 27 novembre que les autorités ne montreraient plus de tolérance face aux désordres liés aux manifestations de l'APPO en ville, que ce soit dans le centre ou à l'université.
  • Le 29 novembre, la Policía Federal Preventiva occupe l'université et l'ensemble de la ville. Radio Universitad cesse d'émettre.
  • Le 30 novembre, URO annonce que les forces de l'ordre arrêteront les étranger-e-s qui prennent part au mouvement. Il encourage à la délation. Il est désormais impossible de quitter la ville : tout véhicule est fouillé, tout-e suspect-e arrêté-e, les rafles se multiplient. Un forum des peuples indigènes a lieu dans une église. Il fait une déclaration répétant les exigences de démission d'URO, du retrait de la Policía Federal Preventiva , de la libérations des prisonnier-e-s et de la fin des violences policières.

[modifier] Décembre : arrestations

Prise de fonctions de M. Felipe Calderón, nouveau président du Mexique.
Fin novembre et début décembre, une vague d'arrestations a partiellement désarticulé le mouvement rebelle, dont une dizaine de militant-e-s sont toujours incarcérés.

La situation liée à la prise de fonctions le 1er décembre du nouveau président est tendue, les électeurs et électrices d'Oaxaca ayant voté pour le parti adverse lors des élections présidentielles [6].

Le 4 et 5 décembre ont lieu les interpellations de certains représentants de l'APPO. Ainsi, le porte-parole de l'association APPO, Flavio Sosa, a été placé en état d'arrestation alors qu'il se rendait à Mexico pour renouer le dialogue avec les autorités[7]. Sont arrêtés également Horace Sosa, Ignace Garcia et Marcelino Coache.

En réaction, le 10 décembre, l'APPO organise une nouvelle "méga marche" et manifeste malgré la présence des policiers en civil. Elle réclame toujours la destitution du gouverneur URO, le départ de la Policía Federal Preventiva et la libération des prisonnier-e-s politiques.

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[modifier] Janvier-juin 2007 : la répression amène à une transformation du mouvement populaire

[modifier] Quel bilan peut-on tirer de sept mois de contre-insurrection menée par les autorités ?

Comme en Amérique centrale dans les années 1980, les autorités ont décidé d’« ôter l’eau au poisson » (comme le prônent les manuels de contre-insurrection), c'est-à-dire de semer la terreur et de montrer au citoyen et à la citoyenne de base ce qui peut lui arriver s’il ou elle sort du rang. La répression est terriblement présente et insidieuse. On ne parle plus de politique dans la rue et les traces des révoltes sont progressivement effacées. La police est partout avec des dispositifs anti émeutes. La terreur continue. Les prisonnier-e-s sont libéré-e-s de manière purement arbitraire et au compte-gouttes, poursuivant la même stratégie contre-insurrectionnelle qui les avait fait arrêter.

[modifier] L'APPO victime de la politique traditionnelle

Un retrait progressif des masses a lieu et les groupes de la vieille gauche traditionnelle, accumulant trente ans de défaites successives, ont gagné du terrain au sein de l'APPO. Certain-e-s de ses membres travaillent pour transformer l’APPO en une organisation politique centralisée traditionnelle.

A partir de février de 2007, la division du mouvement apparaît au grand jour à l'occasion d'un débat sur la question de la participation aux élections locales prévues fin juin 2007. Un « bloc électoral » se forme à l’intérieur de l’APPO, (FPR, FALP, NIOax, etc.), et s'opppose au bloc en faveur de l’abstention (VOCAL, CODEP, CIPO, POS, etc.). Le bloc électoral s’est à son tour fracturé, en raison de conflits internes portant sur les candidatures et sur les listes des partis à soutenir.

Au bout du compte, aucun bloc de l'APPO n’a récolté grand-chose. Par contre, l'émiettement qui résulte des dissensions a une portée incalculable. L’une de ces conséquences est très probablement l’arrestation de David Venegas [8]- membre du conseil de l’APPO, élu par le secteur des barricades -, libertaire et prônant l’abstention. David Venegas a été arrêté par la police le 13 avril 2007, alors qu’il se rendait à une réunion de l’APPO, sous l’accusation de narcotrafic, sédition, désobéissance envers des personnes privées, incendie du tribunal de justice….

Quelques semaines plus tard, il lançait de la prison des accusations contre plusieurs dirigeants connus du bloc électoral de l'APPO, à qui il attribue la responsabilité de son emprisonnement. David Venegas suggère que « si le canal que l’APPO lui offre [...] est par trop étroit et limité, ce peuple héroïque saura chercher et trouver le chemin de son émancipation ». Un diagnostic sévère, mais qui ne semble pas s’éloigner outre mesure de la réalité.

La revendication du départ du gouverneur Ulises Ruiz fédérait le mouvement populaire.

Tous ceux et toutes celles qui s'étaient uni-e-s autour de la revendication du départ d’Ulises Ruiz, ne trouvent plus désormais d’espace de consensus. Ainsi, des participants à la 2ème assemblée étatique de l’APPO le 2 juin 2007 déclarent qu'« en raison d’une diversité d’idéologies, nous avons une crise de fonctionnement».

Malgré tout, tout n’est pas perdu. À Oaxaca, une question court les rues : comment faire renaître le moment magique que l’on a vécu l’an dernier ? Il n’y a que les femmes et les hommes qui ont participé à ce mouvement qui pourront trouver la réponse.
En attendant, le 14 juin, 100 000 personnes sont redescendues dans la rue pour exiger la démission d’Ulises Ruiz Ortiz, et le 18, les enseignant-e-s de la section 22 ont repris leur plantón.
Non, Oaxaca n’est pas en paix

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[modifier] La vie continue (juin 2007->novembre 2007)

  • Aout 2007

Les résultats des élections du 5 août 2007 aux légistatives se traduisent avant tout par une énorme abstention, d'environ 73 %. C'est la manifestation catégorique du mépris que les peuples d'Oaxaca dans leur immense majorité ressentent envers la classe politique de tous les partis. À travers tout l'État, de manière silencieuse et discrète s'est dégagé un accord pour sanctionner, par l'abstention, toute la classe politique. Après ces élections pour les députés locaux doivent se tenir des élections municipales en octobre 2007.

A noter : la Cour suprême du Mexique - plus haute instance judiciaire du pays - va se pencher sur le conflit d'Oaxaca. Par sept voix sur onze, lundi 18 juin, la Cour a décidé de créer une commission chargée d'examiner si des violations des garanties constitutionnelles ont été commises, par les autorités ou par des individu-e-s, durant la crise sociale et politique qui a secoué cet Etat du sud du Mexique. Un rapport de la Commission nationale des droits, publié le 24 mai, a déjà mis en cause la "responsabilité directe" du gouverneur Ulises Ruiz dans les affrontements qui ont fait au moins 12 mort-e-s, presque tous tué-e-s par une police parallèle. Aucun auteur de ces homicides n'a encore été traduit devant les tribunaux.

  • 16 Juillet - Une fête (guelaguetza) populaire a été organisée par l'Association Populaire des Peuples de Oaxaca en marge de la guelaguetza officielle organisee par le gouvernement de l'état de Oaxaca. Cette derniére etant jugée contraire aux principes même du festival traditionnel (tarifs d'entrée excluant les plus pauvres, organisation destinée principalement aux touristes etrangers), l'APPO a decidé - comme l'année derniére - d'organiser son propre festival public et gratuit. Un groupe de manifestant a commence à marcher en direction du site officiel. La police les a repoussé par des gaz lacrimogènes et en envoyant également des pierres sur les manifestants. Les manifestants de l'APPO ont detourné des bus de la gare routière pour les enflammer et les diriger sur les rangs de police, deux camions de pompiers ont également ete detournés et les lances a incendies utilisées contre les forces de l'ordre
  • Vendredi 29 juin 07

Alerte à Oaxaca : des menaces d’expulsion du campement de la APPO (Assemblée Populaire des Peuples d'Oaxaca) ont été proférées en début de semaine par des groupes paramilitaires et priistes. La APPO appelle à une manifestation de soutien.

  • Lundi 18 juin 07

Des enseignant-e-s de la section XXII, ainsi que des membres d’organisations de l'APPO, réinstallent le campement sur la place centrale de la ville de Oaxaca comme signe de protestation contre le gouvernement d’Ulises Ruiz Ortiz (URO) et pour s’opposer à la fête indienne récupérée par les grands groupes commerciaux (la « Guelaguetza commercial »). Ulises Ruiz a déclaré aux médias qu' « Oaxaca revient à la normalité. La région est en paix et au travail ».
Même jour. Provocation paramilitaire à San Isidro Aloapam (Etat de Oaxaca)
Quelques 700 paysan-ne-s de San Miguel Aloapam, soutenus par des priistes et des paramilitaires, pénètrent illégalement dans le bois de la communauté voisine, San Isidro Aloapam, afin de couper les arbres qui étaient, selon eux, infestés par un ver. En réalité, les paysan-ne-s de San Miguel, qui se consacrent depuis de nombreuses années à la vente du bois, voulaient s’emparer des terres de San Isidro.
Environ 70 paysan-ne-s de San Isidro, organisés au sein de la APPO, ont tenté de les en empêcher de manière pacifique (ils n’étaient pas armés contrairement à certaines personnes de San Miguel). Les paysan-ne-s priistes ont attaqué les personnes de San Isidro, faisant deux morts et plusieurs blessés, et ont pris en otage cinq habitants de cette même communauté. Plus d’info : http://www.regeneracionradio.org et vidéo-témoignage de la répression http://www.nodo50.org/cipo/documentos/cipito22.html)

  • Vendredi 15 juin 07

L'APPO exhorte la Cour Suprême de Justice à enquêter sur les violations des droits de l’homme dans l’Etat de Oaxaca parce que, selon la APPO, le travail de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) « ne suffit pas, celle-ci n’établit pas les mécanismes pour punir les auteurs de la répression ».

  • Jeudi 14 juin 07

Le 14 juin, plusieurs dizaines de milliers de manifestant-e-s - 100 000 selon les organisateur-e-s, 25 000 selon les autorités ont défilé dans les rues d'Oaxaca, la capitale de l'Etat, pour commémorer la victoire, un an plus tôt, des enseignant-e-s grévistes sur les forces de l'ordre, venues les déloger du centre historique où ils et elles avaient installé leur campement. Pour commémorer le 1er anniversaire de la répression du mouvement des enseignants, des pétards ont été lancés à 4h30 du matin, heure à laquelle les policiers entraient un an plus tôt sur la place centrale de la ville pour déloger violement les professeur-e-s. Une manifestation massive a ensuite eu lieu, ce jeudi 14 juin 2007, pour réclamer la libération des prisonnier-e-s et la démission d’URO. Sept barricades ont été dressées en hommage aux personnes tuées lors du conflit de 2006. Les barricades portaient leur nom et prénom : - José Jiménez Colmenares, mécanicien. Assassiné par des paramilitaires lors d’une manifestation pacifique le 10 août 2006. - Lorenzo San Pablo Hernández, architecte. Assassiné par des membres de la police et des paramilitaires le 22 août 2006 alors qu’il surveillait la Radio 710, aux mains de la APPO. - Alejandro García Hernández. Assassiné sur une barricada par des paramilitaires le 14 octobre 2006. - Pánfilo Hernández, instituteur d’origine indienne. Reçoit trois balles dans l’abdomen en sortant d’une réunion de la APPO, le 18 octobre 2006. - Bradley Roland Will, collaborateur new-yorkais d’Indymedia, assassiné par des membres du PRI, le 27 octobre 2006. - Emilio Alonso Fabian, professeur. Assassiné le 27 octobre 2006 lors de l’attaque perpétré à l’encontre des occupants des bureaux du gouverneur (« Casa de Gobierno »). - Jorge Alberto López, infirmier. Touché par une grenade de gaz lacrymogène lancée par la PFP (Police Fédérale Préventive)le 29 octobre 2006.

  • Mardi 12 juin 07

Le ministre Juan N Silva Meza propose que la Cour Suprême de Justice enquête sur les violations des droits de l’homme à Oaxaca.

Sources : La Jornada, www.regeneracionradio.org, www.asambleapopulardeoaxaca.org

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[modifier] Célébration de la victoire de la toussaint (novembre 2007)

Le 2 novembre a eu lieu la première célébration de la victoire de todos los santos (toussaint) de novembre 2006, malgré les assauts et les arrestations répété de la PFP.

[modifier] Gestion de crise

Il a beaucoup été question des barricades, dans lesquelles on a voulu voir une preuve de la « violence » exercée par l’APPO. En réalité, les barricades ont été une mesure défensive, pour contenir ce que l’on a appelé les « convois de la mort » qui assassinaient des gens. C’était des convois de camionnettes de la police judiciaire de l’Oaxaca auxquelles on avait ôté les plaques d’immatriculation et qui circulaient de nuit, en ouvrant systématiquement le feu contre les passant-e-s.

Le 21 août, après l’assassinat de Lorenzo Sanpablo, architecte, des hommes, des femmes, des enfants et des vieux ont commencé à dresser des barricades, en cercles concentriques, dans toute la ville mais en particulier dans les quartiers périphériques, les plus exposés à la violence des tueurs. Chaque soir, les barricades étaient érigées et, au matin, elles étaient retirées.

Il y a eu au moins 1 500 barricades, mais il faut bien avouer que personne ne les a comptées. Leur nombre exact est inconnu. Les gens qui les gardaient n’appartenaient pas toujours à l’APPO, c’étaient parfois des citoyen-ne-s comme les autres qui manifestaient de la sorte leur sympathie avec le mouvement. Chaque matin, ils et elles partaient travailler, mais ils et elles passaient des nuits entières sans dormir à protéger une barricade - et, au passage, à vivre une véritable fête collective .

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[modifier] Médiation

Pour essayer de pallier la crise, Ulises Ruiz a changé plusieurs fonctionnaires de son cabinet, dont le secrétaire de gouvernement et les a remplacés par des membres de son parti politique, le PRI. Ainsi, dans un semblant de tentative de reprendre le dialogue avec les nouvelles instances, le gouverneur Ulises Ruiz a nommé Heliodoro Díaz Escárraga [9] le 10 juillet 2006 au poste de secrétaire général, au niveau de l'État fédéré. Selon toute apparence on ne parle plus du rôle de Heliodoro Díaz Escárraga après le mois de septembre. Ce type de manœuvre n’a guère d’effet, les problèmes rencontrés par le gouverneur URO ne se situant pas seulement avec la classe politique de l’Etat mais avec la société dans son ensemble.

Face à ce gouverneur qui a affirmé à plusieurs reprises son refus de démissionner à ses divers interlocuteurs et interlocutrices, annonçant à tout crin que "la paix règne en Oaxaca", ce sont les associations mexicaines en charge des Droits de l'Homme qui assurent un relais entre l'APPO et les autres instances de l'État du Mexique. Cette implication est visible par les communiqués de la LIMEDH, Ligue mexicaine pour la Défense des Droits de l'Homme, et de la CNDH, Comisión Nacional de Derechos Humanos.

Sous réserve de confirmation, les brigades de Paix Internationales seraient également sur place (ref).

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[modifier] Médiatisation

Les événements sont difficiles à suivre compte tenu d'un étouffement médiatique porté sur les informations filtrant à l'extérieur.

Il y a eu occultation médiatique de la part des grands médias d'actualité. Malgré l'attention des autorités pour étouffer l'affaire et ne rien laisser filtrer, l'APPO a accueilli les premières ONG internationales le 13 juillet 2006.

Alors que les médias officiels gardent le silence sur la situation en Oaxaca, où publient des articles peu objectifs évoquant "des manifestants de gauche" ou "petits groupes (qui) s'apprêtent à défier les forces de l'ordre" et ont "l'intention d'affronter les forces fédérales"[10], de nombreux sites alternatifs relaient une information plus proche de la réalité (voir rubrique lien).

Bradley Roland Will le 25 octobre 2006 ; son décès a lieu deux jours plus tard.
(en) Ses derniers films documentaires, disponibles en ligne

L'ouverture des médias indépendants a permis à la population en sédition de s'exprimer en dehors de la ligne officielle, mettant à l'honneur le rôle du quatrième pouvoir, qui trouve là un terrain par l'activisme assurant le maintien de la liberté d'expression dans de telles situations où les enjeux sont portés aux paroxysme.

Une lettre ouverte[11] rédigée « à la mémoire du journaliste d'Indymédia », et afin de porter secours « à la population d'Oaxaca, de manière à établir un gouvernement populaire qui reconnaisse les traditions et les valeurs locales » a été signé début novembre par de nombreux universitaires et activistes, parmi lesquels Noam Chomsky, Naomi Klein, Michael Moore, Arundhati Roy, Starhawk et Howard Zinn[12]. Cette lettre répond à un manifeste de l'APPO émis le 15 septembre, appelant à la mise en place d'« un pouvoir populaire, une force organisée du peuple qui apporte des solutions a ses demandes, qui veille a ce que la fonction publique s'exerce dans la transparence en respectant toutes les populations, et qui impulse une véritable démocratie du peuple apportant une véritable participation populaire dans la prise des décisions. »

Manifestation organisée par Indymedia à Berlin en novembre, en faveur de l'APPO. Sur le devant on peut lire un rappel des conflits sociaux en Amérique centrale.

Un communiqué de l'EZLN datant du 2 décembre, dans le cadre de l'opération électorale la otra campaña menée dans les provinces mexicaines, indique un soutien des zapatistes sur le terrain insurrectionnel de cet État voisin du Chiapas[13].

L'APPO a appellé via son site internet[14] à une journée de solidarité mondiale le 22 décembre 2006, relayé par l'EZLN[15] ; la mobilisation aurait lieu simultanément dans 20 villes du monde.

Un observateur connaissant la situation du Chiapas peut s'apercevoir que la méthode néozapatiste est bien là dans ce genre de communiqué et d'action, visant à empêcher le pouvoir central de noyer la rébellion, ce dernier faisant tout pour la passer comme une affaire intérieure en la coupant des réseaux d'information de la planète.

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[modifier] Réactions internationales

Banderole Indymedia déployée sur les façades d'un squat à Amsterdam, exprimant ainsi sa solidarité avec l'APPO : à gauche, "Le Mexique assassine"; à droite "Oaxaca est partout"
Photo : 20 novembre 2006.
  • Tony Garza, ambassadeur des États-Unis au Mexique en poste depuis 2002, a envoyé un message au gouvernement pour lui demander d'éclaircir les circonstances de la mort de Brad Will.
  • (en) Article de synthèse sur internet, par un observateur ne prenant pas part aux évènements (8 novembre 2006).
  • Amnesty international a demandé au Mexique de respecter les droits fondamentaux des manifestants (communiqué de presse) et appelle au soutien des personnes arrêtées (appel).

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[modifier] Analyse

[modifier] La guerre sale de URO

La violence physique dirigée contre des opposants n’est pas nouvelle à Oaxaca[16]. Elle fait partie de la culture politique de la classe étatique. Des organisations paysannes, des communautés indigènes, le syndicat enseignant et des citoyen-ne-s subissent des persécutions et des abus policiers depuis des décennies. Dans les années 80, Amnesty International a élaboré un long rapport dénoncant les violations des droits humains dans les zones rurales du Chiapas et de Oaxaca et la disparition de 1 200 personnes. Caciquismes, disparitions forcées, assassinats de dissident-e-s politiques et détentions arbitraires ont été des instruments habituels de gouvernement dans les différentes administrations de l’Etat.

On peut parler d’une guerre sale, pour autant qu'il existe une guerre propre, parce que le pouvoir policier et judiciaire est utilisé de manière informelle et non réglementée contre le mouvement populaire. On assiste à l’usage d'une violence illégale menée par le gouvernement de l’Etat, avec la complicité du gouvernement fédéral qui permet que soient commises de graves violations des droits humains. La caractéristique de cette violence exercée contre les opposant-e-s est qu’elle vise le mouvement social le plus important et vigoureux depuis des décennies et qu’elle se fait de manière « extra officielle ». Cela signifie que la majorité des actes de répression est réalisée par des policiers de l’Etat habillés en civil, qui ne reconnaissent pas l’être, et par des paramilitaires. Au lieu de la négociation politique, les autorités font un usage croissant de tactiques et procédures belliqueuses pour essayer de freiner la désobéissance citoyenne.

Ceci explique que la liste des atrocités commises par le gouvernement de Ulises Ruiz contre le mouvement des enseignant-e-s et l’APPO augmente jour après jour. Parallèlement à l’ingouvernabilité de l’Etat s’est déclenchée une grave crise des droits humains. Assassinat de citoyen-ne-s insurgées par des tueurs à gages et des policiers en civil, tirs d’armes à feu contre des journaux et des stations de radio indépendantes, kidnapping et torture de dirigeants sociaux par des brigades paramilitaires, menaces de mort, centres de détention clandestins, incendie d’autobus par des groupes de casseurs liés aux autorités locales et détentions arbitraires sans mandat d’arrêt sont quelques-unes des agressions commises contre le mouvement civil qui exige la démission du gouverneur de l’Etat. Le gouvernement de l’Etat ne reconnaît pas sa responsabilité dans ces faits, bien que plusieurs détenu-e-s soient emprisonné-e-s dans des prisons de haute sécurité.

Pour tenter de justifier cette guerre sale, les autorités ont propagée une rumeur selon laquelle le mouvement populaire oaxaqueño a été infiltré par des organisations politico-militaires de gauche qui ont radicalisé la protestation. Mais la mobilisation contre le gouverneur, se plaçant explicitement dans le cadre de la désobéissance civile, a suivi des chemins clairement pacifiques et, à aucun moment, les membres de l’APPO ont utilisé des armes à feu dans leurs actions.

[modifier] Approche anarchiste des événements

Pour Gustavo Esteva[17][18], trois courants démocratiques distincts [19] ont convergé au sein de l’APPO :

  • Le premier lutte pour une démocratie formelle : comment améliorer les conditions de représentation ; comment en finir avec les pièges et les fraudes du système électoral, éviter la manipulation des médias et garantir un fonctionnement des institutions digne d’un État de droit. Ces revendications sont très fortes dans l’Oaxaca et nettement présentes au sein de l’APPO.
  • Un deuxième courant envisage une démocratie participative : soit le renforcement de l’initiative populaire, l’instauration de formes juridiques telles que le référendum et le plébiscite, la possibilité de révoquer tout mandat et l’accès à ce qui est appelé « budget participatif », autrement dit le fait que les travaux et services publics s’effectuent en consultant systématiquement les habitants et non pas de façon arbitraire.
  • Le troisième, que l’on pourrait dénommer démocratie radicale, dit : nous n’avons nul besoin d’aucun pouvoir politique installé là-haut ; nous pouvons éventuellement avoir besoin de coordination à des fins administratives, mais rien de plus. Ce courant-là lutte pour une société dans laquelle la loi émane de l’autonomie individuelle et collective de tous les êtres humains. Il s’agit là d’un courant transversal qui s’inspire au Mexique des pratiques des peuples indigènes, mais aussi des luttes urbaines et de l’anarchisme.


David Venegas membre de l'APPO, emprisonné depuis avril 2007
Pour reprendre les paroles de David Venegas « El Alebrije », membre du conseil de l’APPO, incarcéré depuis le 13 avril 2007 à la prison d’Ixcotel, « [...] il est possible de vivre et de coexister dans un ordre social émanant de la volonté collective, et non pas imposé par un gouvernement étranger aux intérêts et aux besoins de nos peuples, un ordre social au sein duquel les valeurs dominantes [...] sont la fraternité, la solidarité, la coopération et la défense communautaire et non plus un ordre social reposant sur la peur du châtiment, de l’autorité, du qu’en-dira-t-on ou de la prison ». David Venegas se réfère ainsi à la volonté d’auto-organisation et d’autogouvernement des masses qui ont rejoint le mouvement et au désir de créer un monde nouveau à partir des entrailles du vieux monde. Outre que de telles aspirations expliquent le débordement des syndicats et des organisations marxistes-léninistes qui a eu lieu, elles continuent également de constituer la meilleure garantie pour que le danger de fascisation se heurte à une barrière infranchissable.

Le mouvement populaire ne fut pas un mouvement de classe au sens traditionnel, la classe ouvrière étant quasi inexistante dans l’Oaxaca. Des gens brandissant des drapeaux avec une faucille et un marteau marchaient à côté des couleurs de la Vierge de Guadalupe et du fanion du A cerclé de l’anarchie, mais un plus grand nombre s’identifiaient par leur appartenance territoriale : quartier, colonia ou communauté.

Ce ne fut pas non plus uniquement un mouvement local : « Ce que nous entreprenons aujourd’hui existe aussi grâce à ce qui s’est fait en Équateur, au Brésil et en Argentine. Nous avons suivi avec intérêt tout ce qui a eu lieu en Amérique latine, mais aussi aux États-Unis, avec nos compañeros émigrés. »[20].

Flavio Sosa a été arrêté par la police, le 4 décembre 2006 à Mexico, où il comptait reprendre des négociations avec le ministère de l'intérieur, interrompues depuis le mois d'octobre.
Bien que les médias n’aient pas tardé à dénicher quelqu’un à qui faire porter le chapeau, comme Flavio Sosa, par exemple, l’APPO n’a pas non plus été un mouvement de leaders. Lors d’une interview réalisée quelques jours avant qu’il ne soit arrêté, Flavio Sosa lui-même démentait le rôle qu’on lui attribuait : « Quand on a commencé à entendre cette histoire, quelqu’un a aussitôt fait une affiche qui disait "ce mouvement n’est pas un mouvement avec des dirigeants, c’est un mouvement des bases", et l’a signé comme groupe. Tout de suite après, des petits malins ont ajouté au-dessous, à la main : "ce n’est pas un mouvement de dirigeants ; et pas non plus de groupes". »

Ce fut encore moins un mouvement qui cherchait à s’emparer du pouvoir, en dépit des délires staliniens de certains des participants. C’est ce qu’indique clairement, par exemple, un bombage que l’on pouvait lire vers la fin octobre 2006 près de la rue Tinoco y Palacios, dans le centre historique d’Oaxaca : « Ils veulent nous obliger à gouverner, nous n’allons pas tomber dans cette provocation. » Qu’est-ce que cela signifie ? Gustavo Esteva répond : « Ça veut dire que ça ne nous intéresse pas de s’emparer de ce gouvernement ; ça veut dire que ce gouvernement est une structure de domination qui sert à contrôler les gens et que nous ne voulons pas avoir une telle fonction. »

Confrontés aux atrocités commises par URO, les gens ont entamé un processus innovateur d’auto-organisation et, pendant de longs mois, Oaxaca a connu cette expérience singulière d’une vie sans gouvernement et sans bureaucratie, ouverte au dialogue et à l’innovation. La sagesse collective a su s’imposer pacifiquement aux « convois de la mort », aux disparitions forcées et aux exactions amplement dénoncées, preuves à l’appui, par des organismes de protection des droits humains fondamentaux mexicains et étrangers.

Comme cela se passe dans une authentique révolution sociale, beaucoup de gens ont découvert dans le cours de l’action des capacités qu’ils ignoraient posséder. La participation des femmes fut très intense. Certaines d’entre elles, qui avaient pourtant voté pour le PRI, ont acquis une nouvelle conscience en participant au mouvement. L’une de ces femmes, très âgée, agissant complètement seule et armée de sa seule dignité rebelle, s’empara d’un autobus pour le mettre au service de la cause. Et c’est un collectif de femmes qui a fait fonctionner la télévision vingt jours durant, démontrant si besoin était que la communication alternative est possible.

On ne peut négliger d’analyser le rôle des médias occupés et détournés car ils ont constitué le fer de lance de cette mobilisation. L’occupation de douze stations de radio commerciales et celle de Canal 9, la chaîne de télé locale, n’étaient au départ que de simples mesures défensives qui suivaient la destruction de Radio Plantón et les dégâts causés à Radio Universidad, les seules voix indépendantes de la ville. Mais il est évident que le mouvement ne se serait pas développé aussi rapidement sans la radio, ce qui constitue une importante leçon à retenir, à dans l’Oaxaca comme ailleurs.

Il y a eu beaucoup de speakerines à la radio. L’une des plus connues, la doctora Berta, médecin et âgée de cinquante-huit ans, assurait les émissions de Radio Universidad jour et nuit, buvant tasse sur tasse de café et fumant ses cigarettes Delicados. Elle n’en sortait que pour aller s’occuper des victimes de la répression.

La population a appris à reconnaître sa voix un peu rauque qui communiquait avec calme et sérénité les besoins urgents des manifestants tandis que pleuvaient sur eux les balles et les gaz. Le 3 novembre, au lendemain de la bataille de la cité universitaire qui vit la défaite humiliante de la PFP, elle avait confié : « À Radio Universidad, comme avant à celle de La Ley, à Radio Plantón ou à Canal 9, la communication est comme il faut qu’elle soit : dans les deux sens, le téléphone ouvert à tous et des connexions via Internet pour l’étranger. Si un bonhomme arrive et me dit qu’il veut envoyer un message, eh bien, faites donc, entrez et envoyez votre message. Les gens viennent ici et disent les choses avec leurs propres mots, avec leur propre pensée, mais de toute façon les gens sont très objectifs. Ils ne parlent peut-être pas bien l’espagnol, mais ils savent ce qu’ils veulent. Personne ne pourra plus stopper un truc pareil.»[21]

L’APPO est le résultat d’une longue accumulation progressive d’expériences historiques - faite d’erreurs et de réussites - qui convergent dans l’objectif commun de démocratiser les structures du pouvoir. Même si le sens de cette démocratisation est encore en discussion, il n’en reste pas moins que c’est l’axe autour duquel s’est aggloméré un mouvement multiforme qui ne peut être saisi en partant des analyses marxistes traditionnelles ou sociologiques.

« Car ce qui est en train de s’ébaucher [à Oaxaca] se situe dans la lignée de la Commune de Paris et des collectivités andalouses, catalanes et aragonaises de 1936-1938, où l’expérience autogestionnaire jeta les bases d’une nouvelle société », écrivait Raoul Vaneigem[22] dans un appel à la solidarité internationale avec le mouvement, publié au Mexique par le journal La Jornada.

Vaneigem a raison, en ce sens que ce qui s’est passé à Oaxaca en 2006 est riche d’espoir pour tous ceux qui sont en quête d’alternatives à la barbarie dominante, au Mexique comme ailleurs. Cependant, il est tout aussi vrai que la répression a anéanti ces mêmes espoirs. Il faudrait évoquer le calvaire vécu par le peuple de l’Oaxaca à partir du 27 octobre 2006, date de l’assassinat du journaliste Brad Will à Santa Lucía del Camino et du massacre d’un nombre indéterminé de personnes à Santa María Coyotepec.

La meilleure source d’informations à ce sujet reste encore le rapport de l'enquête menée par la Commission Civile Internationale d'Observation sur les Droits Humains (CCIODH) [voir le rapport ] dont les membres déclarent dans leur conclusion : « La Commission considère que les faits survenus dans l’Oaxaca constituent le maillon d’une stratégie juridique, policière et militaire comportant des éléments psychosociaux et communautaires qui visent en dernière instance à obtenir le contrôle des populations civiles et à les soumettre à la terreur dans des zones où l’on assiste au développement d’une organisation des citoyens ou de mouvements d’un caractère social hors des partis. » Les abus commis par les forces publiques de l’ordre n’ont été ni des « excès » ni des « erreurs », mais une expérience d’ingénierie sociale froidement calculée dans laquelle les pouvoirs fédéraux ont agi en coordination totale avec les pouvoirs locaux. Quels objectifs poursuivaient-ils ? En réponse, Armando Bartra, journaliste au quotidien La Jornada, affirme que : « [...] se préparer à affronter des masses furieuses, c’est supposer qu’elles vont apparaître. »[23]

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[modifier] Citations

Le philosophe belge Raoul Vaneigem s'est exprimé sur Indymedia ; son texte titré La Commune d'Oaxaca : perspectives de l'autonomie individuelle et collective, est disponible en espagnol sur Wikisource.

« Chaque fois qu'une révolution s'est détournée de son objectif prioritaire qu'est la tâche d'enrichir la vie quotidienne de tous, elle a donné des armes à la répression. » (Cada vez que una revolución ha despreciado considerar como su objetivo prioritario la tarea de enriquecer la vida cotidiana de todos, ha dado armas a la represión.)

« La guerre, c’est la paix, la liberté, c’est l’esclavage, l’ignorance, c’est la force. » George Orwell (1984)

« La paix règne à Oaxaca et on y respire un climat de tranquillité. » Ulises Ruiz, le 10 mai 2007.

[modifier] Notes et références

  1. sauf les sites alternatifs : ex.
  2. Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación
  3. fête catholique d'une effigie de Marie, qui se déroule annuellement le 16 juillet (es:Guelaguetza).
  4. Modèle:cite news
  5. (es) article d'Indymedia annonçant des batailles de rue, 1er novembre.
  6. les résultats ont fait l'objet d'une contestation vive, certain-e-s député-e-s à Mexico en sont allés jusqu'aux mains.
  7. article tiré du site Narconews
  8. David Venegas Reyes a étudié l’ingénieurie forestière a l’université de Chapingo et était en train de préparer sa thèse quand, il a décidé, après les évenements du 14 juin 06, d’abandonner ses études pour s’unir au mouvement insurrectionnel de Oaxaca. Après sa participation dans la defense de la Radio “Canal 9” durant son occupation par le peuple de Oaxaca, il a fait parti activement de la “ barricade de Brenamiel”. Sa contribution et son dévouement fit qu’il fût élu par ses membres comme leur représentant dans l’APPO. Il a défendu au sein de l’ APPO et dans VOCAL (Voix Oaxaquenniennes Construisant l’Autonomie et la Liberté) la nécessité que le mouvement Oaxaquennien se démarque des partis politiques et de leur participation dans le processus électoral.
  9. es:Heliodoro Díaz Escárraga
  10. Article du journal "le monde" du 31 Octobre 2006. Extrait en ligne : ici
  11. Oaxaca: Manifiesto de comunicadores y artistas, sur Wikinoticias
  12. Letter In Support Of The People Of Oaxaca.
  13. (es) communique de l'EZLN: article tiré d'Indymedia Chiapas
  14. site de l'APPO
  15. communiqué de l'EZLN, article tiré du site Indymedia Chiapas
  16. D'après http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1924
  17. Economiste et journaliste mexicain particulièrement actif auprès des groupes communautaires en Amérique latine.
  18. D'après « Claudio Albertani-"Oaxaca, un an plus tard" Le miroir du Mexique »[1]Claudio Albertani
  19. Interview de Gustavo Esteva, Université de la Terre, Oaxaca, le 3 novembre 2006.
  20. Miguel Linares Rivera, interview réalisée par Hernán Ouviña, ville de Mexico, le 29 octobre 2006.
  21. Interview du docteur Berta Muñoz, Oaxaca, Cité universitaire, le 3 novembre 2006.
  22. Raoul Vaneigem, né à Lessines (Hainaut, Belgique) le 21 mars 1934, est un écrivain, révolutionnaire, médiéviste et philosophe belge Raoul Vaneigen
  23. Armando Bartra, El tamaño de los retos (« La dimension des défis »), revue La Guillotina nº 56, printemps 2007.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] En français

[modifier] En espagnol

[modifier] En anglais

"Commune libre de Oaxaca" en :