Difference between revisions of "Capitalisme"

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[[Catégorie:Capitalisme]]
 
{{ébauche anarchiste}}
 
Le mot '''capitalisme''' désigne au sens stricte une théorie politique et économique ( comme pour le communisme, l'anarchisme etc etc) fondé sur la [[propriété privée]]. Cette théorie est à l'heure actuelle celle qui est mis en pratique dans la plupart des pays du monde.
 
  
 
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== Critiques de la théorie du capitalisme appliqué dans la réalité ==
 
 
La théorie du capitalisme est l'objet de nombreuses controverses, rendues obscures par la confusion entre les sens du mot. Ces controverses peuvent porter:
 
 
*sur l’accumulation du capital en elle-même
 
*sur la propriété du capital
 
*sur le comportement des propriétaires du capital
 
 
On trouve dans la réalité d'un régime capitaliste de nombreuses inégalités de revenu, de patrimoine, des déséquilibres d'imposition favorisant le capital au détriment du travail, etc... Certains y voient un scandale spécifique à la théorie du capitalisme, et préconisent d'autres systèmes qu'ils estiment exempts de ces défauts.
 
 
== Quatre point de vue sur les conséquences de l'application de la théorie du capitalisme dans la  réalité ==
 
 
 
 
=== [[Libéralisme]] classique ===
 
:''Voir aussi [[Libéralisme autoritaire]]''
 
 
Pour les [[Libéralisme économique|libéraux]] classiques, le système ne doit pas être jugé (seulement) en terme d'utilitarisme, mais (surtout) d'un point de vue moral : il appartient à chacun de déterminer ce qu'il fait de son capital de départ, et l'important est surtout d'assurer un bon départ. Les libéraux ne nient pas les rapports de forces économiques, mais ils nient que l'on puisse les équilibrer ou les résoudre : on peut selon eux seulement les déplacer avec une perte due à la prise en compte de critères moins pertinents du point de vue de l'allocation optimum des ressources, et sans garantir plus de « justice sociale ». Toute notion d'arbitrage est alors considérée comme un leurre.
 
 
=== Libéralisme néoclassique ===
 
 
L'[[école néoclassique]] d'économie voit dans le capitalisme une coopération générale (la concurrence poussant les acteurs à se positionner au mieux compte tenu des positions des autres) qui inclut les générations passées et futures, et un accroissement de production général qui bénéficie à tous. Une interférence du pouvoir politique ne peut que perturber le système économique et provoquer des pertes et bloquer la société.
 
 
=== Interventionnisme ===
 
 
Les [[interventionnisme|interventionnistes]] de gauche et de droite jugent le système à ses résultats sociaux.
 
Selon eux, le capitalisme produit des rapports entre riches et pauvres toujours plus déséquilibrés en terme de pouvoir et d'inégalités économiques, et une sclérose sociale qui nuit à l'économie générale. Il appartient alors au pouvoir politique de rétablir à la fois l'[[équilibre]] et les conditions de la prospérité générale et de développement.
 
 
Selon leur sensibilité à l'un ou l'autre aspect et leur appréciation globale de la situation, les utilitaristes préconiseront un arbitrage politique variable.
 
 
==Étymologie et définition succincte==
 
 
''Capitalisme'' et ''capitaliste'', dérivé de [[capital]], a d'abord signifié ([[1753]]{{refl|1}}) l'état de la personne qui possède des richesses . Le sens moderne est donné par Richard de Radonvilliers en [[1842]]. Il est repris par Pierre Leroux ([[1848]]), [[William Makepeace Thackeray | William Thackeray]] ([[1854]], première apparition en anglais), [[Pierre Joseph Proudhon]] ([[1867]]), [[Louis Auguste Blanqui]] ([[1869]]), parmi d'autres. [[Karl Marx]] et [[Friedrich Engels]] parlent de ''forme capitaliste de production'' («kapitalistische Produktionsform»), puis dans [[Le Capital]] de ''capitaliste''.
 
 
Au début du {{XXe siècle}}, le terme est de plus en plus utilisé, comme avec [[Max Weber]] dans ''L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme'' en [[1904]]. le capitaliste (pour des raisons que Weber analyse comme [[religion|religieuse]]) renonce à consommer ses biens tout en voyant dans leur quantité un indicateur de conduite de sa vie ; il s'organise donc de façon rationnelle et méthodique dans le seul but de produire, et il accumule et investit ses biens pour en produire de plus en plus, non pas dans un but de consommation future ou de sécurité, mais dans une logique de pure "croissance". C'est là, et seulement là, qu'il apparait une rupture majeure par rapport aux systèmes antérieurs, qui fonctionnaient (à l'exception des plus primitifs) également au moins en partie sur la recherche de "profit" et l'accumulation de capital.
 
 
C'est en [[1906]] que [[Werner Sombart]] parle de ''capitalisme moderne'', celui dont il est question ici.
 
 
Le capitalisme est à l'origine un concept, ''sociologique'', d'analyse du fonctionnement économique de certaines sociétés. Ce n'est que beaucoup plus tard, sous l'influence et en réaction à des critiques (spécialement la critique marxiste et ses dérivées) qu'il est apparu des théoriciens politiques partisans du capitalisme.
 
 
On oppose alors le capitalisme
 
* à l'économie primitive, où les échanges sont marginaux et chaque groupe exploite la nature pour son propre compte.
 
* à l'économie de [[potlatch]], où les échanges, même importants, ne visent pas à une accumulation de capital (ni parfois même à la consommation : il arrive que les biens soient détruit purement et simplement à l'issu de l'échange), mais à une démonstration symbolique de puissance statutaire.
 
* à « l'ancien régime » (et au [[féodalisme]]), où c'est le statut personnel des individus qui détermine leurs droits, y compris économiques, de sorte que la [[propriété]] est une notion inadaptée (par exemple le seigneur n'est pas ''propriétaire'' de son fief, il est détenteur de droits complexes plus ou moins cessibles et exploitables selon un droit très variable d'un lieu à un autre).
 
* au [[communisme]], qui désigne d'une manière générale une théorie d'organisation politique, sociale et économique sans classe sociale censée bénéficier de la mise en commun des moyens de production pour répondre aux besoins de chacun.
 
* au [[socialisme d'État]], où la propriété privée est réduite au minimum, et où tout le capital productif est géré collectivement ; toutefois, dans ce contexte économique, on trouve aussi le terme de [[capitalisme d'État]], que certains socialistes utilisent pour désigner l'économie où l'État est seul et unique propriétaire de capital, ce qui n'en fait, de leur point de vue, qu'un capitalisme totalitaire.
 
 
Il faut insister sur le fait que l'accumulation de capital se produit toujours dans toutes les sociétés, et que donc elle ''n'est pas'' déterminante dans ces oppositions.
 
 
On notera par ailleurs que les formes politiques sont rarement "pures" en pratique, de sorte que le capitalisme coexiste très largement avec les autres systèmes. Certains théoriciens préconisent même explicitement des formes mixtes, avec des dosages variés selon le domaine et le but.
 
 
Le capitalisme est dépendant du système [[politique]] et [[Loi|législatif]] en place : une des bases nécessaires est l'existence d'une protection juridique de la propriété privée et de moyens pour faire respecter cette propriété ([[Justice]], [[Police (institution)|Police]], [[Armée]]). Il est communément admis qu'un État est nécessaire pour remplir ce rôle. On notera à cet égard qu'en réalité, le capitalisme fonctionne très largement (et même essentiellement, pour le grand commerce internationnal) sur la base d'un arbitrage privé, où l'État n'intervient qu'à titre d'acteur potentiel en dernier ressort (sachant qu'il ne faut pas négliger l'effet économique d'une simple ''possibilité'' d'intervention).
 
 
Depuis la fin de la [[Guerre Froide]] entre le capitalisme d'État et le capitalisme libéral (par la chute du premier), et les tensions qui l'accompagnaient, le capitalisme se résume à la version libérale.
 

Revision as of 09:12, 3 February 2007