Anomie

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Catégorie:Politique Catégorie:Sociologie L'anomie est le désordre réel ou supposé dû à l'absence de règles. Le terme provient du grec anomia, de an- : absence de, et nomos : coutume, règle, loi.

L'anomie comme désordre individuel[edit]

Emile Durkheim, sociologue français du XIXe siècle, utilise ce mot dans son livre sur les causes du suicide pour décrire une condition ou malaise au sein des individus, caractérisée par l'absence ou la diminution des standards ou valeurs et le sentiment associé d'aliénation et d'irrésolution. Le recul des normes religieuses et des valeurs conduit à la destruction et à la diminution de l'ordre social : le manque de lois et de règles ne peut plus garantir l'intégration sociale. Cet état conduit l'individu à l'insatisfactio, l'anxiété et la dépression, ce qui peut mener au suicide. L'anomie est en fait assez courante quand la société environnante a subi des changements importants notamment dans l'économie, que ce soit en mieux ou en pire, et plus généralement quand il existe un écart important entre les idéologies ou valeurs communes et la pratique réelle de la vie quotidienne.

L'anomie comme désordre social[edit]

Le terme anomie est aussi utilisé pour désigner des sociétés ou des groupes à l'intérieur d'une société qui souffrent du chaos dû à l'absence de règles communément admises de bonne conduite, implicites ou explicites ; ou, pire, dû au règne de règles promouvant l'isolation, l'égoïsme ou même la prédation plutôt que la coopération et l'entraide. L'anomie est ainsi un désordre social social au sens d'absence de règles ou de règle qu'on pourrait qualifier d'anti-sociales.

Il apparaît pour la première fois comme concept sociologique sous la plume du philosophe et poête Marie-Jean Guyau dans Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction (1885).

Anomie, anarchie, société[edit]

L'anomie n'est pas à confondre avec l'anarchie. Le mot « anarchie » désigne l'absence de chefs, de hiérarchie, de commandement alors que le mot « anomie » se réfère à l'absence de règles, d'organisation. Beaucoup d'opposants à l'anarchisme affirment que l'anarchie mène nécessairement à l'anomie. Ce à quoi répondent les anarchistes que la société actuelle avec la hiérarchie et le commandement crée le chaos et l'anomie plutôt que l'ordre.

L'anarchie en tant que vision sociale prône la libre-association par opposition au pouvoir entendu comme autorité ou domination. L'anarchie c'est (entre autres vues) « l'ordre, moins le pouvoir » selon le mot célèbre de Proudon.

Les valeurs et pratiques de notre civilisation : égoïsme, irresponsabilité, parasitisme ou prédation, autorité ou coercion... ne sont pas sociales et ne constituent pas la structure d'une société au sens propre mais un système de pouvoir. Elles s'opposent à ce qu'on nomme prosocialité ou simplement socialité : respect & considération dans les rapport humains ; entraide & don, partage & mutualisme, coopération & participation au niveau de la vie commune.

On peut aussi contester l'idée que l'absence de règles mène à l'anomie. En imaginant une expérience de pensée, disons philosophique, où une population serait laissée à elle-même sans règles apprises par la pratique ou inculquées par l'endoctrinement, que se passerait-il ? Ces gens sont des humains, pas n'importe quoi, ceux qui survivraient après une période transitiore en viendraient nécessairement à constituer une forme de société conforme à leur(s) nature()s. Quelque chose qui serait peut-être proche d'une société primitive (les bien mal nommés chasseurs-cueilleurs) : une société de partage, sans hiérarchie ni pouvoir [1].

L'anomie apparaît pour la première fois comme concept sociologique sous la plume du philosophe Jean-Marie Guyau, dans Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction (1885). Sa conception rejoint l'idée qu'elle n'est pas chaos social et en fait même un phénomène bénéfique intrinsèque à toute société :

L'anomie, pour Guyau, est créatrice de formes nouvelles de relations humaines, d'autonomies qui ne sont pas celles d'une référence à des normes constituées, mais ouvertes sur une créativité possible. Elle ne résulte pas, comme chez Durkheim, d'un trouble statistique, elle incite l'individu à des sociabilités jusque-là inconnues - dont il dira que la création artistique est la manifestation la plus forte. Jean Duvignaud, Hérésie et subversion. Essai sur l'anomie, ed. 1986, La découverte, Paris, p.75

L'anomie est ici l'absence de règles sociales instituées (prédéfinies ou imposées), par opposition à des règles spontanées qui émergent de la vie sociale concrète.

L'anomie selon Robert Merton[edit]

Robert K. Merton s'est intéressé à ce concept et a décrit les règles qui, non suivies, mènent à l'anomie :

  • les buts culturels comme souhaits et attentes des membres de la société
  • des normes, qui prescrivent les moyens permettant aux gens d'atteindre leur but
  • la répartition de ces moyens

L'anomie est dans ce cas davantage une dissociation entre les objectifs culturels et l'accès de certaines couches aux moyens nécessaires. La relation entre le moyen et le but s'affaiblit.

Actuellement, la relativisation des moyens culturels à travers la pluralisation mène surtout au problème de l'insécurité du comportement et de l'orientation, de l'individualisation et de la désintégration sociale. Le contexte social de l'anomie est souvent mis en scène par l'industrie cinématographique hollywoodienne pour maintenir la population mondiale sous l'effet de son hégémonie.

Liens externes[edit]

anarchie et anomie

Notes[edit]

[1] En anthropologie et ethnologie ces sociétés sont souvent dites "férocement égalitaristes" (fiercely egalitarian). Entre autres, les enfants aussi sont considérés comme des personnes, des êtres vivants et donc autonomes. Il ne sont pas contrôlés et dressés. Les enfants y sont rois, comme tout le monde (aha!).



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