Difference between revisions of "Lala Har Dayal"

From Anarchopedia
Jump to: navigation, search
m
 
(One intermediate revision by one other user not shown)
Line 8: Line 8:
 
Très tôt, il fut influencé par l'Ārya-Samāj<ref>{{en}}Voir l'[http://fr.wikipedia.org/wiki/%C4%80rya-Sam%C4%81j article] de Wikipédia</ref>. Il fréquenta Shyamji Krishnavarma<ref>'''Shyamji Krishna Varma''' (Shyamji Krishna Nakhua) ([[1857]] - [[1930]]) fut un leader indien nationaliste. [http://en.wikipedia.org/wiki/Shyamji_Krishnavarma]</ref>, Vinayak Damodar Savarkar<ref>'''Vināyak Dāmodar Sāvarkar''' (Marathi: विनायक दामोदर सावरकर) (ਵਿਨਾਯਕ ਦਮੋਦਰ ਸਾਵਰਕਰ) ([[28 mai]] [[1883]] – [[26 février]] [[1966]]) était un activiste politique indien pour la liberté, qui développa une idéologie politique nationaliste hindou portant le nom de ''Hindutva'' (« ''Hindouté'' » traduction libre de l'anglais ''Hinduness'').</ref> et Bhikaiji Cama<ref>'''Bhikaiji Rustom Cama''' (Madam Cama, Madame Cama) ([[24 septembre]] [[1861]] - [[13 août]] [[1936]]) fut une figure importante du mouvement nationaliste indien.</ref>. Il tira également son inspiration de [[Giuseppe Mazzini]], [[Karl Marx]] et [[Michel Bakounine]]. Il fut, selon Emily Brow citée par le biographe de Har Dayal Juergensmeyer, « successivement athée, révolutionnaire, bouddhiste, puis pacifiste ».
 
Très tôt, il fut influencé par l'Ārya-Samāj<ref>{{en}}Voir l'[http://fr.wikipedia.org/wiki/%C4%80rya-Sam%C4%81j article] de Wikipédia</ref>. Il fréquenta Shyamji Krishnavarma<ref>'''Shyamji Krishna Varma''' (Shyamji Krishna Nakhua) ([[1857]] - [[1930]]) fut un leader indien nationaliste. [http://en.wikipedia.org/wiki/Shyamji_Krishnavarma]</ref>, Vinayak Damodar Savarkar<ref>'''Vināyak Dāmodar Sāvarkar''' (Marathi: विनायक दामोदर सावरकर) (ਵਿਨਾਯਕ ਦਮੋਦਰ ਸਾਵਰਕਰ) ([[28 mai]] [[1883]] – [[26 février]] [[1966]]) était un activiste politique indien pour la liberté, qui développa une idéologie politique nationaliste hindou portant le nom de ''Hindutva'' (« ''Hindouté'' » traduction libre de l'anglais ''Hinduness'').</ref> et Bhikaiji Cama<ref>'''Bhikaiji Rustom Cama''' (Madam Cama, Madame Cama) ([[24 septembre]] [[1861]] - [[13 août]] [[1936]]) fut une figure importante du mouvement nationaliste indien.</ref>. Il tira également son inspiration de [[Giuseppe Mazzini]], [[Karl Marx]] et [[Michel Bakounine]]. Il fut, selon Emily Brow citée par le biographe de Har Dayal Juergensmeyer, « successivement athée, révolutionnaire, bouddhiste, puis pacifiste ».
  
Il étudia à la Cambridge Mission School et recevit son baccalauréat en sanskrit au St. Stephen's College de Delhi, et sa maîtrise de sanskrit à l'université de Panjab, à Chandigarh. En [[1905]], il étudia le sanscrit à l'université d'Oxford. Dans une lettre au ''Indian Sociologist''<ref>''The Indian Sociologist'' était une revue importante du nationalisme indien au début du XIXème siècle. Elle portait pour sous-titre : « Un organe de liberté, et de réforme politique, sociale et religieuse. »</ref>, publiée en [[1907]], il commença à étudier les idées anarchistes, estimant que « notre but n'est pas de réformer le gouvernement, mais le supprimer, laissant, si nécessaire, uniquement des traces nominatives de son existence. » La lettre provoqua sa mise sous surveillance par la police. Un an plus tard, disant que « l'enfer soit de l'ICS<ref>'''Indian Civil Service''', plus connu sous le nom d<nowiki>'</nowiki>'''ICS''', service de renseignement d'élite du gouvernement indien sous le [http://fr.wikipedia.org/wiki/Raj_britannique Raj britannique]. Ce service porte désormais le nom d'UPSC.</ref> », il abandonna ses études à Oxford, et retourna en Inde pour vivre une vie austère. C'est à cette période qu'il devient l'ami de l'anarchiste [[Guy Aldred]], qui fut jugé pour avoir fait imprimé ''The Indian Sociologist''.
+
Il étudia à la Cambridge Mission School et recut son baccalauréat en sanskrit au St. Stephen's College de Delhi, et sa maîtrise de sanskrit à l'université de Panjab, à Chandigarh. En [[1905]], il étudia le sanscrit à l'université d'Oxford. Dans une lettre au ''Indian Sociologist''<ref>''The Indian Sociologist'' était une revue importante du nationalisme indien au début du XIXème siècle. Elle portait pour sous-titre : « Un organe de liberté, et de réforme politique, sociale et religieuse. »</ref>, publiée en [[1907]], il commença à étudier les idées anarchistes, estimant que « notre but n'est pas de réformer le gouvernement, mais le supprimer, laissant, si nécessaire, uniquement des traces nominatives de son existence. » La lettre provoqua sa mise sous surveillance par la police. Un an plus tard, disant que « l'enfer soit de l'ICS<ref>'''Indian Civil Service''', plus connu sous le nom d<nowiki>'</nowiki>'''ICS''', service de renseignement d'élite du gouvernement indien sous le [http://fr.wikipedia.org/wiki/Raj_britannique Raj britannique]. Ce service porte désormais le nom d'UPSC.</ref> », il abandonna ses études à Oxford, et retourna en Inde pour vivre une vie austère. C'est à cette période qu'il devient l'ami de l'anarchiste [[Guy Aldred]], qui fut jugé pour avoir fait imprimé ''The Indian Sociologist''.
  
 
Il partit pour Paris en [[1909]] et devient le rédacteur de ''Vande Mataram''<ref>Journal du même nom que l'hymne actuel indien, celui de l'époque étant ''God Save the Queen''.</ref>. Paris lui déplaisant, il visite l'Algérie, où il se demande si il partira à Cub ou au Japon. Puis, il partit en Martinique, où il reçut la visite d'un missionaire de l'Ārya-Samāj, [http://en.wikipedia.org/wiki/Bhai_Parmanand Bhai Parmanand], avec qui il chercha à créer une nouvelle religion inspirée par les enseignements de Bouddha. Il vécut une vie d'ascète, ne mangeant que du grain bouilli, dormant sur le sol et méditant dans une pièce recluse. Guy Aldred raconta plus tard que ce leitmotiv religieux était de l'athéisme, du cosmopolitisme et une loi morale. Emily Brown et Erik Erikson décrivirent cet évènement de la vie de Har Dayal comme une crise d'"égo-identité". Parmanand décida de partir pour les États-Unis d'Amérique afin d'y propager l'ancienne culture des aryens<ref>[http://fr.wikipedia.org/wiki/Aryens Le peuple aryen vivant en Asie], rien à voir avec les inepties nazies.</ref>.
 
Il partit pour Paris en [[1909]] et devient le rédacteur de ''Vande Mataram''<ref>Journal du même nom que l'hymne actuel indien, celui de l'époque étant ''God Save the Queen''.</ref>. Paris lui déplaisant, il visite l'Algérie, où il se demande si il partira à Cub ou au Japon. Puis, il partit en Martinique, où il reçut la visite d'un missionaire de l'Ārya-Samāj, [http://en.wikipedia.org/wiki/Bhai_Parmanand Bhai Parmanand], avec qui il chercha à créer une nouvelle religion inspirée par les enseignements de Bouddha. Il vécut une vie d'ascète, ne mangeant que du grain bouilli, dormant sur le sol et méditant dans une pièce recluse. Guy Aldred raconta plus tard que ce leitmotiv religieux était de l'athéisme, du cosmopolitisme et une loi morale. Emily Brown et Erik Erikson décrivirent cet évènement de la vie de Har Dayal comme une crise d'"égo-identité". Parmanand décida de partir pour les États-Unis d'Amérique afin d'y propager l'ancienne culture des aryens<ref>[http://fr.wikipedia.org/wiki/Aryens Le peuple aryen vivant en Asie], rien à voir avec les inepties nazies.</ref>.
Line 17: Line 17:
 
Il partit aux États-Unis en [[1911]], où il s'engagea dans le syndicalisme industriel<ref>Sorte de corporationnisme, regroupant tous les travails syndiqués du secteur industriel.</ref>. Il fut secrétaire de la branche de l'[[IWW]] de San Francisco, aux côtés du national-bolchévik Fritz Wolffheim<ref>Fritz Wolfheim ([[1888]]-[[1942]]), [http://fr.wikipedia.org/wiki/National-bolch%C3%A9visme national-bolchévik], se rapprochant du nazisme vers la fin de sa vie (il considérait le prolétariat allemand comme « le peuple du futur ». Par la suite, il fut déporté en camp de concentration par les nazis où il mourut. Voir l'[http://en.wikipedia.org/wiki/Fritz_Wolffheim article anglais] de Wikipédia.</ref>. Dans une déclaration résumant les principe de fraternité du mouvement ouvrier, il fit savoir que l'IWW proposait : « l'établissement du communisme, l'abolition de la propriété privée terrienne et capitaliste grâce à l'organisation industrielle et la [[grève générale]], ultime abolition de l'organisation coercitive du gouvernement ». Moins d'une année plus tard, ce groupe reçut deux hectares et demie de terrain et une maison à Oakland (Californie), où Har Dayal fondit le ''[[Bakunin]] Institute of California'', qu'il décrivit comme « le premier monastère de l'anarchisme » (''sic''). L'organisation s'associa au mouvement Regeneración fondé par les mexicains exhilés [[Ricardo Flores Magón]] et son frère Enrique. Har Dayal obtint un poste de conférencier en philosophie à l'université de Stanford. Cependant, il dût se désister, en raison de la pression administrative, critiquant ses activités au sein du mouvement anarchiste.
 
Il partit aux États-Unis en [[1911]], où il s'engagea dans le syndicalisme industriel<ref>Sorte de corporationnisme, regroupant tous les travails syndiqués du secteur industriel.</ref>. Il fut secrétaire de la branche de l'[[IWW]] de San Francisco, aux côtés du national-bolchévik Fritz Wolffheim<ref>Fritz Wolfheim ([[1888]]-[[1942]]), [http://fr.wikipedia.org/wiki/National-bolch%C3%A9visme national-bolchévik], se rapprochant du nazisme vers la fin de sa vie (il considérait le prolétariat allemand comme « le peuple du futur ». Par la suite, il fut déporté en camp de concentration par les nazis où il mourut. Voir l'[http://en.wikipedia.org/wiki/Fritz_Wolffheim article anglais] de Wikipédia.</ref>. Dans une déclaration résumant les principe de fraternité du mouvement ouvrier, il fit savoir que l'IWW proposait : « l'établissement du communisme, l'abolition de la propriété privée terrienne et capitaliste grâce à l'organisation industrielle et la [[grève générale]], ultime abolition de l'organisation coercitive du gouvernement ». Moins d'une année plus tard, ce groupe reçut deux hectares et demie de terrain et une maison à Oakland (Californie), où Har Dayal fondit le ''[[Bakunin]] Institute of California'', qu'il décrivit comme « le premier monastère de l'anarchisme » (''sic''). L'organisation s'associa au mouvement Regeneración fondé par les mexicains exhilés [[Ricardo Flores Magón]] et son frère Enrique. Har Dayal obtint un poste de conférencier en philosophie à l'université de Stanford. Cependant, il dût se désister, en raison de la pression administrative, critiquant ses activités au sein du mouvement anarchiste.
  
Il développa des contacts avec des fermiers indiens ayant émigrés en Amérique à Stockton (Californie). Ayant adopté une perspective indienne nationaliste, il voulait encourager les jeunes hommes indiens à acquérir une éducation scientifique et sociologique. Avec Teja Singh, Taraknath Das<ref>'''Taraknath Das''' or '''Tarak Nath Das''' (en Bengalî : তারকানাথ দাস), né le [[15 juin]] [[1884]] et décédé le [[22 décembre]] [[1958]], était un révolutionnaire indien bengalî anti-britannique et un érudit internationaliste. Il fut un des immigrés pioniers de la côté ouest états-unienne et canadienne, et débattit de ses idées avec [[Tolstoï]], tout en organisant le mouvement des immigrés indiens en faveur du mouvement de libération de l'Inde. Voir l'[http://en.wikipedia.org/wiki/Tarak_Nath_Das article anglais] de Wikipédia.</ref> et [http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Upham_Pope Arthur Pope] et l'aide financière de Jwala Singh &mdash; riche fermier de Stockton &mdash; il créa une école pour les étudiants indiens. Tout comme la Maison indienne de Shyamji Krishnavarma à Londres, la maison de Har Dayal servait également de maison à ses étudiants.
+
Il développa des contacts avec des fermiers indiens ayant émigrés en Amérique à Stockton (Californie). Ayant adopté une perspective indienne nationaliste, il voulait encourager les jeunes hommes indiens à acquérir une éducation scientifique et sociologique. Avec Teja Singh, Taraknath Das<ref>'''Taraknath Das''' or '''Tarak Nath Das''' (en Bengalî : তারকানাথ দাস), né le [[15 juin]] [[1884]] et décédé le [[22 décembre]] [[1958]], était un révolutionnaire indien bengalî anti-britannique et un érudit internationaliste. Il fut un des immigrés pioniers de la côté ouest étatsunienne et canadienne, et débattit de ses idées avec [[Tolstoï]], tout en organisant le mouvement des immigrés indiens en faveur du mouvement de libération de l'Inde. Voir l'[http://en.wikipedia.org/wiki/Tarak_Nath_Das article anglais] de Wikipédia.</ref> et [http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Upham_Pope Arthur Pope] et l'aide financière de Jwala Singh &mdash; riche fermier de Stockton &mdash; il créa une école pour les étudiants indiens. Tout comme la Maison indienne de Shyamji Krishnavarma à Londres, la maison de Har Dayal servait également de maison à ses étudiants.
  
 
=== Tentative d'assassinat du gouverneur général des Indes ===
 
=== Tentative d'assassinat du gouverneur général des Indes ===
Line 52: Line 52:
 
*{{en}} [http://www.dayafterindia.com/oct104/good_morning.html "''Understanding revolutionary idol Lala Hardayal''"] par Yogendra Bali
 
*{{en}} [http://www.dayafterindia.com/oct104/good_morning.html "''Understanding revolutionary idol Lala Hardayal''"] par Yogendra Bali
  
[[Catégorie:Anarchiste]]
+
[[Catégorie:Anarchiste|Har Dayal, Lala]]
  
 
{{wikipédia}} (traduit de l'[http://en.wikipedia.org/wiki/Har_Dayal article anglais] et augmenté)
 
{{wikipédia}} (traduit de l'[http://en.wikipedia.org/wiki/Har_Dayal article anglais] et augmenté)

Latest revision as of 18:23, 13 April 2008