Communisme libertaire

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Catégorie:Anarcho-communisme

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Anarchisme
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« la plus haute expression de l’ordre »
Fondements

Action directe • Autogestion • Fédéralisme
Liberté • Révolte • Solidarité

Tendances

sociale : collectiviste • individualiste
économique : mutualiste • communiste
politique : syndicaliste • communaliste • associationiste

Histoire de l'anarchisme

Précurseurs de l'anarchisme
Chronologie de l'anarchisme
Presse anarchiste
Association internationale des travailleurs
Congrès de Saint-Imier
Fédération jurassienne
Commune de Paris
1er mai
Illégalisme
Révolution mexicaine
Makhnovtchina • Révolte de Kronstadt
Révolution espagnole
Mai 68

Organisations

Alternative libertaire
Anarchists Against the Wall
CNT-AIT-E • CNT-AIT-F • CNT-V • CGA • Fédération anarchiste
NEFAC
GARAS
OCL • OLS • OSL

Anarchistes

Pierre-Joseph Proudhon • Max Stirner
Michel Bakounine • Pierre Kropotkine
Errico Malatesta • Sébastien Faure
Emma Goldman

Luttes sociales

Anti-capitalisme • féministe
Anti-fascisme • Abolition des prisons
Écologisme

La tendance anarchiste communiste ou "communiste libertaire" associe deux termes dont l'un, anarchisme, définit le mouvement libertaire qui veut la liberté politique pour les individus, mandatement impératif, fédéralisme, rejet de l'État, lutte contre toutes les formes d'oppression et l'autre, communisme, qui de l'adage « Ã  chacun selon ses besoins, de chacun selon ses capacités » veut la liberté économique en partant des besoins des individu-e-s. Les besoins sont recensés par communes, par quartiers, par entreprises. À partir de ce recensement, la production doit ensuite être organisée et cela sans limitation autre que les capacités et les besoins des intéressé-e-s. L'idéal de l'anarcho-communisme est une société composée de fédérations libres de collectifs libres et égalitaires. En d'autres mots, un réseau à grande échelle de petits collectifs locaux où l'adhésion est libre et sans restrictions.

L’anarcho-communisme, encore appelé communisme libertaire, dont Bakounine et Kropotkine sont les principaux représentants, cherche à établir une société socialiste égalitaire. Les anarcho-communistes, à l’inverse des individualistes, « se préoccupent avant tout des formes de production et des exigences de la vie collective ». Mais contrairement aux communistes autoritaires, en tant que libertaires, ils sont hostiles à toute forme d’État et d’autorité, et ils s’opposent donc dans les moyens et dans la forme à « l’autoritarisme » marxiste.

Le communisme dont il est question ne fait en aucune façon référence au Communisme Soviétique ou aux pratiques des partis communistes. Le communisme libertaire est basé sur l'abolition de la propriété et sur la mise en commun des moyens de production et des produits obtenus. Le but est de créer une société égalitaire, mutualiste et fraternelle par la libre association et fédération au niveau local, régional, national et international. L'Etat serait remplacé par l'association des fédérations. Appelé également socialisme libertaire, le communisme libertaire milite pour une révolution universelle, sociale, économique et culturelle.

Il n'y a donc pas de centralisme économique ou politique tel que le conçoivent les collectivistes marxistes, car l'anarcho-communisme prône une libre organisation des individu-e-s (associationnisme, fédéralisme,etc.). Cela implique la possibilité de révocation des mandataires membres d'une structure anarcho-communiste.

L'anarcho-communisme est à l'origine de solutions économiques alternatives comme l'« Ã©conomie de don » ou la prise au tas.

Origine et Histoire du Communisme libertaire[edit]

Le mouvement anarchiste est depuis ses origines associé au mouvement socialiste (Charles Fourier, Proudhon, Victor Considérant, Bakounine, Coeurderoy, Déjacque, etc.).

Le but de l'anarcho-communisme est l’auto-gouvernement des hommes à tous les échelons de la vie sociale, à commencer par la vie économique, avec une administration commune et directe des choses. L'abolition du gouvernement et de l'État en est un préalable.

Au congrès de La Haye de 1872, l'Association Internationale des Travailleurs (AIT, ou Première Internationale) essaya de définir dans ses objectifs, les moyens permettant de réaliser ce but. Deux voies différentes ont rapidement vu le jour au sein de l'Internationale, amenant à une scission du mouvement. C’est le conflit entre Karl Marx et Michel Bakounine qui fut à la base de la scission de la Première Internationale. Bakounine créa alors la première variante de l’anarcho-communisme : le socialisme révolutionnaire. Pour lui, « les communistes croient devoir organiser les forces ouvrières pour s’emparer de la puissance politique des États. Les socialistes révolutionnaires s’organisent en vue de la destruction, ou si l’on veut […] en vue de la liquidation des États. Les communistes sont les partisans du principe et de la pratique de l’autorité, les socialistes révolutionnaires n’ont de confiance que dans la liberté ».

Les anarchistes exclus de la Première Internationale créèrent par la suite à Saint-Imier en 1872 une nouvelle Internationale Anti-Autoritaire.

À partir de là, le mouvement anarchiste s'est progressivement transformé et différentes tendances sont apparues en son sein, plus ou moins complémentaires les unes des autres. Il y eut les collectivistes (bakouninistes), les individualistes (stirnériens,...), les syndicalistes (Pouget) et les communistes (Malatesta). D'autres tendances moins importantes ne sont pas évoquées.

L'anarcho-communisme fut proclamé pour la première fois par la Fédération italienne de l'Internationale Anti-Autoritaire lors du congrès de Florence en 1876 par Costa, Malatesta, Carlo Cafiero et Covelli. Ce positionnement fut pris en opposition au collectivisme libertaire qui était la position défendue par l'Internationale Anti-Autoritaire (grâce à l'influence de Bakounine) des débuts.

Le choix du communisme plutôt que du collectivisme est vite apparu vital pour une partie du mouvement anarchiste à cause de la crainte d'un centralisme économique que pouvait amener la théorie collectiviste. En effet, cette théorie proposait de définir la valeur du travail effectué, et ceci selon le temps ou la tâche effectuée. Cela impliquait qu'il y ait un centralisme économique qui définirait cette valeur (en monnaie ou en bons de consommation), et donc des personnes spécialisées dans la définition de la valeur du travail (des gestionnaires, des spécialistes ?) ; théoriquement et pratiquement, cela aurait été évidemment inacceptable pour les anarchistes, pour qui il n'est ni possible ni souhaitable de définir une valeur à l'activité humaine. La théorie communiste anarchiste balaya toutes ces contraintes ou manquements associés au collectivisme libertaire, et le communisme devint pour une bonne part des anarchistes le successeur du collectivisme dans de nombreuses contrées (les espagnols garderont longtemps le collectivisme comme base économique envisagée, et ceci jusqu'au début des années 1930, où cela fut changé lors d'un congrès).

Depuis la révolution russe, où les bolchéviques se sont appropriés le mot « communisme », bien qu'ils n'aient pratiqué que du capitalisme d'État, le mot « communisme » est associé à ces groupements d'État (ce qui est un non sens, puisque le communisme est un mode d'organisation sans État). Pourtant l'histoire du mouvement communiste au sens large est beaucoup plus ancien et plus riche que le simple collectivisme d'État, et a existé bien avant Marx et ses prédécesseurs.

Les tendances[edit]

Diverses tendances compléteront le communisme libertaire, dont certains anarchistes syndicalistes, proposant le syndicalisme comme moyen d'appropriation des moyens de productions afin d'arriver au communisme libertaire, des communalistes libertaires, proposant l'appropriation des communes afin de gérer les besoins et l'appropriation collective des moyens de productions.

Au début du XXe siècle, suite à la révolution russe, le Plateformisme, fut une proposition organisationnelle qui traversa le mouvement anarchiste communiste. Malatesta (et d'autres personnalités du mouvement anarchiste), clairement, répondit négativement au plateformisme, en mettant en garde contre l'autoritarisme que le plateformisme pouvait contenir dans sa théorie et sa pratique. Cependant une partie de la mouvance anarcho-communiste se définit plateformiste.

Dans les années 60-70, Daniel Guérin a tenté l'élaboration d'un courant qualifié de « Marxiste libertaire », cherchant à faire la synthèse entre anarchisme et marxisme. Il s'agissait pour l'anarchisme de se rapproprier le matérialisme dialectique, et pour le marxisme de se débarrasser de ses visées étatistes et autoritaires. Si le terme n'a plus cours aujourd'hui, ce concept a eu le mérite de mettre en lumière les points de convergence du "marxisme" et de l'anarchisme, notamment sur la question de l'analyse économique et sociale.

Expériences communistes anarchistes[edit]

L'anarchisme communiste se développa dans diverses organisations et diverses contrées...

  • Il y eut des expériences de communisme anarchiste en Ukraine dans divers cantons ou villages qui furent cependant trop courtes pour que l'on puisse retirer un enseignement de cette période. Il reste cependant des écrits de Makhno au sujet de Goulaï Polie et de ses environs, quant à son organisation. Ce mouvement a donné le nom célèbre de la Makhnovtchina, représentant d'une part la volonté d'indépendance de l'Ukraine en 1917-1920, sous le joug des Bolchéviques.
  • L'expérience la plus importante qui ait existé du communisme anarchiste mis en pratique a eu lieu en Espagne durant la période révolutionnaire allant de 1936 à 1938. Dès le 18 juillet, jour de l'insurrection, une collectivisation des terres et des usines se fit dans quasiment toute l'Espagne « républicaine » avec plus ou moins d'intensité selon les régions et selon la force ouvrière et paysanne présente et influencée par les anarchistes. Dans certaines parties les communes ou collectivités vivaient selon le communisme anarchiste, dans d'autres parties le collectivisme libertaire.
Une expérience économique peu commune et peu connue a également été initiée : l'abolition de la monnaie. Cette suppression a été mise à l'essai par certaines sections fédérales. Ce fut un succès. La population ayant participé à cette action lui a réservé un accueil très positif.

Franco arrivé au pouvoir a lancé une vague de répression à l'encontre des collectivités libertaires : toutes les expériences ont été abolies et réprimées.

  • Il y a enfin l'expérience des sociétés « primitives » qui, aux 4 coins du monde (Amérique, Afrique, Asie, Polynésie), ont perduré sous ce mode d'organisation durant des millénaires [1]. Sans oublier les nombreux exemples qui attestent aujourd'hui du bon fonctionnement du mode libertaire : autogestion en Argentine, collectivités libertaires sous le temps des Soviets, des exemples sont apparus en France. En bref, partout dans le monde les démonstrations ne manquent pas. Si la plupart de ces formes d'autogestion ont été abolies, n'oublions pas que c'est en partie à cause de l'avarice perpétuelle des hommes à qui cela ne "profitait" pas. Ces systèmes d'organisation mettent en valeur la satisfaction du besoin de chacun, et non le surplus et le bénéfice de quelques-uns au détriment de tous.

Textes[edit]

Principes et théories sur le communisme anarchiste[edit]

Sur les expériences de communisme anarchiste[edit]

  • [8] « La révolution inconnue » (PDF 1Mo) de Voline (histoire de la révolution russe et dont une partie sur les expériences en Ukraine avec la mahknovtchina).
  • [9] « Espagne libertaire de 1936 » (PDF 1Mo) de Gaston Leval (description des expériences des collectivités en Espagne).
  • [10] « Enseignement de la révolution espagnole » de Richard Vernon (critique sur le collectivisme en Espagne).
  • « Catalogne 1936 » d'Abel Paz (les collectivités vécues).

Citations[edit]

« Chaque découverte, chaque progrès, chaque accroissement des richesses humaines est le résultat 
du travail physique et intellectuel accompli dans le passé et dans le présent. Alors, de
quel droit quelqu’un peut-il s’approprier la moindre parcelle de cet immense tout, et dire : ceci est
à moi, pas à toi ? »
La conquête du pain, Pierre Kropotkine, Paris 1892.
« Le Communisme - qu’il faut se garder de confondre avec ’le Parti Communiste’ - est une doctrine 
sociale qui, basée sur l’abolition de la propriété individuelle et sur la mise en commun de tous
les moyens de production et de tous les produits, tend à substituer au régime capitaliste actuel
une forme de société égalitaire et fraternelle. Il y a deux sortes de communisme : le communisme
autoritaire qui nécessite le maintien de l’État et des Institutions qui en procèdent et le
communisme libertaire qui en implique la disparition. »
Encyclopédie anarchiste, vol. 1., article « Communisme », Sébastien Faure.

Réferences[edit]

  1. Voir à ce sujet l'excellent livre de Marshall Sahlins, Âge de pierre, âge d'abondance ainsi que celui de Pierre Clastres, La société contre l'État.

Voir aussi[edit]

Liens internes :[edit]

Thèmes liés[edit]

Anarchisme - Communisme - Anarkismo.net - Plateformisme - Lutte des classes.

Mouvements proches[edit]

Anarchisme socialiste - Anarcho-syndicalisme - Anarchisme individualiste - Communalisme libertaire - Collectivisme libertaire - mouvement autonome - Communisme de conseil.

Histoire[edit]

Révolution espagnole - Ukraine libertaire - Kronstadt - Mai 1968 - Commune de Paris - Résistance - Mouvements révolutionnaires - CNT - AIT - Insurrectionnalisme.

Auteurs[edit]

Pierre Kropotkine - Carlo Cafiero - Errico Malatesta - Sébastien Faure - Élisée Reclus - Jean Grave - Vernon Richard - Abel Paz - Nestor Makhno - Emma Goldman - Daniel Guérin- James Guillaume.

Liens :[edit]

  • L'article de Wikipedia
  • DanielGuerin.info Site consacré à la vie et à l'oeuvre de Daniel Guérin (1904-1988), figure de l'extrême gauche française, l'un des principaux théoriciens de la synthèse du communisme et de l'anarchisme.